lundi 14 janvier 2019

(Lectures) Mathieu Ménégaux - Je me suis tue

Du fond de sa cellule de la maison d'arrêt des femmes à Fresnes, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux. Elle a choisi de porter seule ce fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. Enfermée dans sa solitude, Claire va commettre l’irréparable. Le mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations. 

Voilà un livre que j'hésitais à lire à cause du terme qu'il aborde (l'infanticide). 
Devenue maman depuis deux ans, j'avais peur de mal "vivre" cette lecture. Mais, au vu des critiques élogieuses et du talent supposé de l'auteur, Mathieu Ménégaux, j'ai succombé. 

Quand j'ai ouvert le livre, il était deux heures du matin. Je n'arrivais pas à dormir, sous l'emprise d'angoisses et de peurs. Je venais de terminer ma lecture et j'ai donc posé mes yeux sur celui-ci. Je l'ai ouvert et dès cet instant, impossible de le refermer, avant d'avoir tourné la dernière page et lu la dernière ligne. Et même après (je l'ai lu en un tout petit plus d'une heure), je suis resté éveillée à réfléchir à ce que je venais de lire. 

Claire est une femme dont la vie est plutôt satisfaisante : un mari aimant, un travail qu'elle aime et auquel elle se donne entièrement, une famille et une belle famille présente... Seul ombre au tableau, elle n'a pu avoir d'enfant avec Antoine, son mari, malgré leur effort et essais. 
Un soir, elle voit sa vie basculer. Elle sera la victime d'un acte terrifiant qu'elle préférera passer sous silence, même si cela engendrera sa perte et celle de sa famille. 

J'ai été horrifié par cette histoire, et même si je ne cautionne aucunement l'acte commis par Claire, j'ai essayé de comprendre. Je me suis questionné : "qu'aurais-je fait à sa place ?". Et même si j'ai essayé de me dédouaner en me disant que jamais je n'aurais fait ça, il n'empêche que je ne peux véritablement répondre à cette question, car je n'ai pas vécu ce qu'elle a vécu et ce qui l'a amené à commettre cet acte odieux ! 

Avec brio, l'auteur se glisse dans la peau d'une femme et nous livre ses réflexions, ses envies, ses rêves, ses illusions. Si je n'avais pu su avant ma lecture que l'auteur était un homme, j'aurai juré que c'était une femme qui avait écrit ce livre. 

Mathieu Ménégaux nous donne à réfléchir sur des sujets forts (viol, fertilité, silence, maternité, meurtre, pardon etc). En peu de pages, l'auteur nous déboussole, nous torture. Mais sa plume, sans pathos, est si fluide, belle mais brève que tout coule de source. Et même si ce roman se lit plus que rapidement, il n'en laisse pour autant pas moins qu'une trace indélébile en nous. 
Un livre à lire et à comprendre.


vendredi 11 janvier 2019

(Lectures) Tatiana de Rosnay - Elle s'appelait Sarah

Paris, mai 2002. Julia Jarmond, journaliste pour un magazine américain, est chargée de couvrir la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv. Au cours de ses recherches, elle est confrontée au silence et à la honte qui entourent le sujet. Au fil des témoignages, elle découvre, avec horreur, le calvaire des familles juives raflées, et en particulier celui de Sarah. Contre l’avis des siens, Julia décide d’enquêter sur le destin de la fillette et de son frère. Soixante ans après, cela lui coûtera ce qu’elle a de plus cher. Paris, le 16 juillet 1942 : la rafle du Vel’ d’Hiv’. La police française fait irruption dans un appartement du Marais. Le petit Michel, paniqué, se cache dans un placard, et sa grande sœur Sarah, dix ans, l’enferme et emporte la clef en lui promettant de revenir. Mais elle est arrêtée et emmenée avec ses parents... 

Depuis mes années collège et mes cours d'histoire sur la seconde guerre mondiale (cours passionnant mais qui m'ont vraiment bouleversé), j'essaye à travers des lectures, des documentaires, des films de comprendre l'incompréhensible. 
Sur la rafle du Vel d'Hiv, je n'ai rien lu, ni vu (il faut dire, que l'on en parle peu ; les français ont sans aucun doute honte de leur rôle, dans cette rafle). C'est donc naturellement que j'ai ressentie le besoin de lire ce roman de Tatiana de Rosnay. 

Julia Jarmond est une journaliste de quarante-cinq ans. Elle est américaine et vit à Paris depuis vingt-cinq ans. Elle a une fille, Zoé de onze ans. Au moment où commence le roman, son patron demande à Julia de faire un article sur la rafle du Vélodrome d'Hiver, puisque bientôt auront lieu les commémorations pour le 60ème anniversaire. 
Elle ne connaissais rien sur cette rafle et, au fil de son enquête elle va en apprendre énormément, elle va apprendre des choses qui vont la bouleverser, la terroriser. 
16 juillet 1942, au petit matin, Sarah est réveillé par la police française, qui vient l'arrêter avec sa famille. Elle cache son petit frère Michel dans le placard dissimulé dans l'appartement. Elle l'enferme à clef, lui promettant de revenir bientôt le libérer. Sarah et sa mère son emmenées et, son père qui se cachait à la cave (par peur des rafles) les rejoints dans la cours. Tous trois rejoignent des milliers d'autres personnes juives (hommes, femmes et enfants) au Vélodrome d'Hiver, où ils seront retenue dans des conditions horribles et inhumaine plusieurs jours, avant de rejoindre les camps du Loiret (Beaune-la-Rolande et Pithiviers), avant d'être parqués dans un convoi direction Auschwitz. 

Ce roman, très bien écrit, m'a vraiment bouleversé. Et, le rôle qu'a joué la police française et le gouvernement de Vichy dans cette rafle m'a tout simplement écœuré. 
Il faut savoir qu'en juillet 1942, cette rafle avait été prévu et organisé depuis de nombreuses semaines par le gouvernement français. Les nazis avaient ordonné l'arrestation et la déportation de juifs, mais les français ont pris la liberté d'arrêté des enfants. Or, les nazis n'en était pas encore là : comment expliquer l'arrestation des enfants ? Jusqu'à présent, les nazis justifiaient l'arrestation d'hommes et femmes juives par le fait qu'ils étaient envoyés dans des camps de travail. Mais comment faire croire qu'on envoyais des enfants de 2 ans, 3 ans et plus dans ces camps ? 
Je n'ai (heureusement) pas connu cette époque et, je reste outrée et franchement écœuré de tous ce qui s'est passé. 
Ce roman est très fort en émotion ; je n'ai pas pu retenir mes larmes, à de nombreux moments. Je me suis laissé envahir par la colère, la tristesse, l'impuissance, le dégoût et le désespoir. Ce livre m'a bouleversé, m'a blessé au plus profond de mon être. C'est un livre fort, parfois insoutenable. Mais, Tatiana de Rosnay, par son écriture magnifique en à fait un livre magnifique, fort et essentiel. 
Je ne peux que vous demandez de lire cet ouvrage, si ce n'est déjà fait, car il fait partie de ces témoignages essentiel, important. Cette lecture fait partie du devoir de mémoire. Souvenons-nous pour ne pas commettre les mêmes erreurs, les mêmes atrocités.


lundi 7 janvier 2019

(Lectures) Delphine de Vigan - Les loyautés

Les destins croisés de quatre personnages : Théo, enfant de parents divorcés ; Mathis, son ami, qu'il entraîne sur des terrains dangereux ; Hélène, professeur de collège à l'enfance violentée, qui s'inquiète pour Théo ; Cécile, la mère de Mathis, qui voit son équilibre familial vaciller. Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres. 

Une nouvelle nuit d'insomnie et allez savoir pourquoi, j'ai eu une brusque envie de lire ce roman. Le dernier Delphine de Vigan, mon second de l'auteur (j'avais beaucoup aimé No et moi). Je l'avais dans ma Pile à lire depuis quelques jours, je ne savais même pas de quoi il parlait ce bouquin, mais il m'appelait. 
Je l'ai ouvert donc et une heure et demi plus tard, je le refermais, achevé. 

Quelle claque que ce récit ! 
On y suit plusieurs personnages : des enfants (Théo et Mathis, deux amis, deux ados en souffrance chacun à leur manière) et des adultes (Cécile la mère de Mathis et Hélène la prof des deux enfants, qui s'inquiète fortement pour Théo, mais aussi quand même les parents de Théo). 
Je me suis énormément attaché à Théo, que j'ai tout de suite voulu protéger (est-ce mon nouveau rôle de maman qui m'a fait agir ainsi à son égard). Cet enfant en grande souffrance, qui ne trouve de l'écoute et de l'aide nulle part et qui doit, malgré ses 12 ans porter des choses qui sont beaucoup trop lourdes. Et comme j'ai aimé Hélène, comme j'aimerai que tous les professeurs soit comme elle, attentive et bienveillante envers ses élèves, même si cela l'entraîne à parfois dépassé les limites que lui autorise ses supérieurs. 

Plusieurs heures déjà que j'ai terminé cette lecture et je suis toujours sous le choc de la puissance de ce roman, je suis encore hors d'haleine, hanté par cette histoire et ses personnages. Je n'arrête pas de réfléchir à la brièveté de la vie et au fait que nos blessures, nos souffrances, agissent malgré nous sur notre vie et celles des autres, celles de notre entourage, leur imposant des choses lourdes à porter, qui ne sont même pas à eux. 
Et puis, je réfléchi aussi au fait que l'on ne se regarde plus vraiment, nous les êtres humains trop englués dans nos soucis pour faire attention à la détresse d'autrui. Je réfléchi également à la fragilité des ados, au fait que leur silence entraîne parfois le pire. Un aller sans retour. 

Delphine de Vigan, de sa plume magnifique et puissante, nous livre ici un roman poignant et brutal, un récit qui torture mais qui pousse à ouvrir nos yeux et à regarder au-delà de notre nombril. Je vous conseille ce court récit qui est un coup de cœur !


vendredi 4 janvier 2019

(Lectures) Ray Bradbury - Fahrenheit 451

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé. 

J’avais souvent entendu parler de ce roman de science-fiction, dans divers magazines littéraires, dans des émissions culturelles ou par des lecteurs. Mais je ne m’étais encore jamais sentie prête pour le lire. Avec ma nouvelle envie de lecture de l’imaginaire (fantastique, fantasy et science-fiction), le désir de me plonger dans ce roman est venu, comme une évidence, d’autant plus que j’avais le roman de Ray Bradbury dans ma bibliothèque depuis quelques mois. 

Guy Montag est un pompier, mais pas tel que nous les connaissons aujourd'hui. 
Les pompiers de ce roman allument des feux, au lieu de les éteindre. Mais que brûlent-ils ? Des livres… 
Car dans la société du futur que nous présente l’auteur, les livres sont considérés comme des horreurs, des inutilités… La société futuriste imaginée par Ray Bradbury condamne le questionnement et la réflexion (considéré comme antisocial, propagande de la paresse mentale), d’où l’anéantissement des livres (qui eux poussent à la réflexion, au questionnement, au débat…). Les pompiers sont donc chargés de brûler les livres, cachés par des citoyens, faisant acte de résistance. Mais un évènement et une rencontre (avec Clarisse McClellan) « réveillera » Guy Montag et lui fera prendre conscience que la vie, la vraie n’est pas celle qu'on les oblige à vivre ; et que les livres, l’accès à la culture sont des plus important. 

Ce livre est un vrai bijou. 
Commençons par le style de l’auteur. J’aime beaucoup sa manière d’aborder les choses, de donner vie aux personnages. Sa plume délicate, poétique, mais toujours puissante et passionnante m’a conduite au cœur du roman, vivant, moi aussi dans cette société totalitaire. Le roman est brillamment construit, je n’ai pas trouvé de longueur, ni de passage inutile. Tout y est essentiel, important… J’ai été choqué par la société imaginée par Ray Bradbury. J’ai été choqué par la tendance à être un troupeau, déconnecté de la réalité, de la population. Ray Bradbury a créé une société totalitaire comme il en a existé plein et comme, malheureusement, il en existera toujours. Déjà dans le passé les livres étaient brûlés en place public, car jugés comme sataniques, détournant les femmes, les hommes et les enfants du droit chemin. Encore aujourd'hui, dans certains pays lire un livre n’est pas permis à tout le monde, et certains livres sont interdits. Même dans les démocraties, certains livres, même s’ils ne sont pas interdits, sont estimés dangereux et immoraux par certaines personnes, certaines communautés (exemple de la critique des sept tomes d’Harry Potter de JK Rowling par l’Eglise catholique) ou encore l’interdiction des Versets sataniques de Salman Rushdie, qui est l’objet d’une fatwa. 

Ainsi l’œuvre de Ray Bradbury est un livre d’anticipation très réaliste. L’individualisme est le moteur de la société de Fahrenheit 451. Chacun vit pour soi, se contentant seulement de vivre de choses futiles, inutiles, mais tout en suivant l’avis général ; les gens me font penser à des moutons mener bêtement par un berger totalitaire (le gouvernement). En lisant ce roman, je n’ai pas pu m’empêcher de pensé à la montée du totalitarisme nazi et aux autodafés. Terrible. 
Ce qui m’a aussi frappé, dans ce roman, c’est que le livre de Ray Bradbury, publié la première fois en 1953, montre une société qui ressemble beaucoup à la nôtre. Combien de fois ne me suis-je pas écrié « mais c’est pareil, ici, aujourd'hui… », « C’est tout à fait ça maintenant, ici… ». Ainsi Ray Bradbury a inventé, avant l’heure les écrans plats géants (les murs écrans), les baladeurs mp3 (les coquillages bourdonnant)… il avait vu la place immense que tiendrait la publicité dans les sociétés consommatrices, il avait vu l’expansion de la mondialisation… Pas de « happy end » dans ce livre, qui semble montrer par-là, que pour que l’humanité change et devienne « meilleure », il faut qu'elle soit d’abord anéanti… 

Vous l’aurez donc compris, cette œuvre est un grand classique du genre. 
Un ouvrage passionnant et très bien écrit. Tant le thème abordé que la plume de Ray Bradbury m’ont plu, m’ont intéressés. J’ai passé un moment passionnant de lecture, car au-delà du divertissement, se livre amène à la réflexion. 
Si vous ne l’avez pas encore lu, n’hésitez plus, car je pense que même les lecteurs qui ne sont pas du tout attirés par la science-fiction, seront captivés par ce roman.


mardi 1 janvier 2019

(Vie de lectrices) Pour 2019, je prévois....

Je vous reviens aujourd'hui avec un billet un peu spécial.
Dans ce post, je vais abordé, avec vous, l'année littéraire 2019 que je prévois.



J'ai, cette année, envie de m'ouvrir à de nouveau pays en littérature contemporaine. Jusqu'à présent ma zone de confort se trouve être les romans classiques et historiques mais de pays tels que la France, l'Angleterre et la Suisse ou la Belgique. 
Mais en 2019, j'ai vraiment envie de voyager encore plus et de visiter, grâce à la littérature des pays comme l'Amérique, l'Irlande, la Norvège et la Suède et aussi le Québec (tant j'avais aimé ma lecture d'un roman de Michel Tremblay, emprunter à la médiathèque). J'aimerai aussi partir en Espagne et en Italie ainsi qu'en Asie. 

Bref comme vous le voyez, j'ai de quoi faire et prendre le large lors de cette prochaine année. Je serais ravis de suivre vos conseils de lectures, alors n'hésitez pas en commentaire. 

Et vous, quoi de prévu pour cette nouvelle année littéraire ?


vendredi 28 décembre 2018

(Lectures) Jean Diwo - Moi, Milanollo, fils de Stradivarius

"Je m'appelle Milanollo, né en 1728 et fils d'Antonio Stradivari. J'en ai connu des aventures, en presque trois siècles : d'abord baptisé Coucher de soleil par Jean-Sébastien Bach, puis offert au Régent, j'ai fait vibrer la cour de France. Mais j'ai aussi vécu des moments douloureux: on a tué pour me dérober. Puis j'ai voyagé avec Viotti vers l'Angleterre, où j'ai croisé Dragonetti, Paganini et Maria Milanollo. J'ai ensuite continué à traverser l'Histoire dans les mains de nombreux virtuoses. Et aujourd'hui? Je vous laisse savourer mes derniers chants, dans la magie du coup de théâtre que referme ce livre." 

Je suis encore sous le charme de l'œuvre magistrale de Jean Diwo, auteur dont la plume me ravie à chaque lecture. 
Cette fois, l'auteur se glisse dans la peau d'un magnifique violon créé par Antonio Stradivari, dans une "bottega" de Crémone. 
Dès lors, nous suivront Coucher de soleil (c'est son nom) de la cour de Köthen où il sera joué par le grand Jean-Sébastien Bach, à la cour de France, en Angleterre et en fait, de part le monde. 
Convoité par les plus grand artistes du monde, le Stradivarius nous compte avec élégance sa vie passionnante et tourmentée. 

Jean Diwo est un virtuose de l'écriture et sa plume m'a ravie à chaque page. 
De magnifiques mélodies sonnaient à mon oreille ) chaque pas dans cet univers magique. J'ai appris à mieux connaître les instruments de musique, à me laisser bercer par leur voix mélodique et fantastique. 
La musique à pénétré chaque parcelles de mon être pour me faire vibrer au rythme de l'incroyable histoire de l'auteur. Quel génie, se mettre ainsi, si brillamment, dans la peau d'un des plus grand violon ! 

Non seulement l'œuvre de Jean Diwo est une ode à la musique, mais c'est aussi un grand roman historique passionnant. 
Le style de Jean Diwo est magnifique, chaque ligne est un concerto, tant pour les yeux que pour l'ouïe. Ce roman m'a transporté pour me baigner dans un univers de poésie, d'enchantement et de plaisirs.


lundi 24 décembre 2018

(Lectures) Agatha Christie - Meurtre en Mésopotamie

En arrivant sur le chantier de fouilles de Tell Yarimjah, Miss Amy Leatheran ouvre de grands yeux. Quoi de plus dépaysant pour une jeune infirmière que ce pays exotique, cette équipe d'archéologues installée loin de tout ? Et quelle mission singulière que d'avoir à veiller sur la belle Mrs Leidner, en proie à des hallucinations et des terreurs diverses... Miss Leatheran va tâcher de s'acquitter au mieux de ses fonctions. Mais, de masques terrifiants paraissant à la fenêtre en menaçantes lettres anonymes, les angoisses de Mrs Liedner vont finir par l'étreindre à son tour. Et lorsque cette dernière sera assassinée, Amy aura le rare privilège d'assister de près à une enquête de l'illustre Hercule Poirot...

Dans ma vie de lectrice, il y a des auteurs auprès desquels j'aime revenir régulièrement, entre deux autres lectures. C'est le cas de ma chère Agatha Christie, qui a fait naître en moi mon amour pour l'Angleterre, il y a de cela bien des années. 
Une fois n'est pas coutume, c'est vers son héros belge, un de mes personnages littéraires fétiches, que j'aime d'amour, que je me suis tournée. 

Je ne reviendrai pas sur l'intrigue tout d'abord parce que la quatrième de couverture résume parfaitement celle-ci mais également par peur de trop en dire, et de vous gâcher le plaisir de lecture. 
Dès l'ouverture du roman, j'ai retrouvé avec délice la plume de la reine du crime. Lire Agatha Christie est pour moi comme plonger dans un lit au milieu de couverture et coussin bien douillet, au chaud, une thé brûlant dans une main, le roman dans l'autre, un air de musique classique en fond sonore... un avant goût de paradis ! 

A l'ouverture du roman, et pendant un tiers et l'ouvrage notre ami Hercule Poirot n'est pas de la partie. Notre narratrice Mrs Leatheran nous campe l'histoire et nous décrit, à merveille, tous les personnages parsemant ce récit. Une fois que le crime à eu lieu, Hercule entre en scène ; il a été interpellé par le docteur Reilly alors qu'il s'en revenait de Syrie et qu'il devait retourner en Angleterre. Les petites cellules grises de notre cher détective étaient indispensable pour élucider ce crime bien mystérieux. 

Comme toujours, Agatha m'a mener en bateau. Elle me faisait soupçonner certains personnages que je trouvais quelque peu mystérieux ou exécrables ; elle m'en faisait aimer d'autres, les croyants au dessus de tout soupçons... et puis, en quelques secondes, un revirement de situation, un geste, une paroles me faisait revoir mon jugement. 
J'avais beau noté les indices ou des faits qui me semblait important, sur un note papier à mes côtés, je me suis totalement fait avoir quand, en fin d'ouvrage, Hercule révèle le fin mot de l'histoire et le coupable de ce meurtre odieux ! 

Tout le talent d'Agatha Christie est là : une plume incisive et fluide, un rythme particulièrement soutenue, des personnages au caractère bien trempé et inoubliable, des situations cocasses et du suspens à n'en plus finir. Sans oublier ici l'aspect aventure puisque nous sommes en Irak sur le site de fouilles archéologiques (ce qui a rajouté à mon plaisir de lecture, étant passionnée par l'histoire et l'archéologie).

Je ne peux donc que vous conseillez, une fois de plus, les ouvrages d'Agatha et particulièrement celui-ci.